Les looks de la Miss #1

Une nouvelle rubrique avec nos coups de coeur modesques !

Introduction aux sons

Je commence d'ores et déjà à appliquer les conseils de Céline Alvarez en ce qui concerne l'écriture !

Céline Alvarez et sa révolution bienveillante

Ce que j'ai pensé des Lois Naturelles de l'Enfant et ce que je compte appliquer au quotidien

Nos livres de gommettes et d'autocollants

Ma sélection de 18 mois à 3 ans (voire plus...)

Ma pâte à modeler comestible et naturelle

Hyper simple à faire... et toujours efficace pour occuper ses enfants ! Que demande le peuple ?!

27 mars 2017

Frères et soeurs sans rivalité [avis de lecture]

Un livre que j'avais vraiment hâte de lire, mais impossible de le trouver en librairie. Heureusement, j'ai pu le réserver dans ma bibliothèque (ai-je déjà mentionné ô combien ma bibliothèque est génialissime ?!)
Même si mes enfants sont encore petits (1 et 3 ans), j'ai très envie de les voir complices et pas toujours en train de se chamailler comme mes terribles neveux. Bref, j'en attendais beaucoup de ce livre...

C'est koââ l'histoire ?
Comme le dit plutôt bien le titre, dans ce livre, le sujet principal, c'est les relations fraternelles, et la façon de les développer harmonieusement, tout en évitant les conflits.

Les 2 auteurs (Adele Faber et Elaine Mazlish) parlent d'une seule voix, à la première personne du singulier comme si elles ne faisaient qu'une, et qu'elle racontait un atelier qu'elle anime avec un groupe de parents.
Chaque chapitre se décompose de la même façon : elle présente la thématique au groupe de parents, ils réagissent en évoquant les situations qu'ils vivent au quotidien. Ils cherchent ensemble des solutions. Puis ils se revoient lors d'une séance suivante où ils débriefent de la façon dont les parents ont mis en place les solutions, ce qui a marché, ce qui n'a pas fonctionné, comment les enfants ont accueilli leurs efforts... Les chapitres sont très vivants, car ils sont la transcription d'un échange entre les parents et l'animatrice, comme si l'on était dans la salle nous aussi.

En résumé

Le livre se compose de 7 chapitres qui traitent chacun d'une thématique bien particulière :

I- Frères et soeurs, de l'enfance à l'âge adulte - c'est un peu une introduction, car le groupe évoque ses propres souvenirs d'enfance, et comment chacun a vécu avec sa fratrie et la façon dont ça a pu le modeler jusqu'à l'âge adulte.

II- Accueillir ce qu'ils ont sur le coeur - Pour ceux qui ont déjà lu Parler pour que les enfants écoutent, écouter pour que les enfants parlent des mêmes auteurs, ce chapitre aura des relents de réchauffé. On évoque la fameuse méthode (très efficace) qui consiste à écouter ce que l'enfant dit sans l'interrompre ou le juger, puis reformuler son émotion ou son sentiment. Ensuite, on exprime le besoin de l'enfant par rapport à son frère ou sa soeur, etc.

III- La comparaison, une pratique dangereuse - Ce chapitre montre quels sentiments animent un enfant que l'on compare à un autre (pour une comparaison en mal comme en bien d'ailleurs), et donne des solutions pour éviter de le faire, notamment en décrivant la situation. Par exemple, au lieu de dire "pourquoi ne peux-tu pas ranger tes affaires, comme ton frère le fait ?", on dit plutôt "oh, je vois tes affaires mal rangées"... 

IV- Donner pareil, c'est donner moins - un chapitre qui traite de l'équité entre frères et soeurs, le fameux "je vous aime tous pareils". La solution est de toujours centrer la discussion sur l'enfant à qui l'on parle, ses sentiments et ses besoins, qui sont uniques (et ne se calculent pas en fonction de ceux de ses frères et soeurs), pour éviter de jouer l'arbitre, de se justifier lorsqu'on donne plus à l'un et moins à l'autre... Par exemple, à un "mon frère a eu plus de viande que moi", on pourrait répondre "oh, j'ai l'impression que tu as encore faim ? Tu veux encore de la viande ?

V- Frères et soeurs dans leurs rôles - ici, les auteurs parlent des rôles qu'on attribue aux enfants, même sans y voir de mal : l'aîné responsable et le cadet bébé, le sage et l'effronté, l'intellectuel et le sportif.... mettre des enfants dans des cases, c'est peut-être passer à côté de leur vraie personnalité... Elles parlent également des rôles de victime et d'agresseur, et comment rétablir un équilibre, donner un coup de pouce à la fois à celui qui est dans un rôle perpétuel d'agresseur, et celui qui est dans le rôle du faible.

VI- Quand les enfants se disputent - forcément, LE chapitre que l'on attend, comment résoudre les conflits ! Rien de nouveau sous le soleil quand on a déjà lu les chapitres précédents et le livre "Parler...", mais pour avoir testé, je confirme que ça ne marche pas trop mal. L'idée principale, c'est de ne PAS prendre parti ni pour l'un ni pour l'autre, ne pas vouloir savoir qui a fait quoi, et ne pas devoir arbitrer le conflit. On se contente de faire le relais de leurs sentiments "Charline, tu me dis que Loriane t'a volé ta poupée. Et toi, Loriane, tu me dis que la poupée est à toi". Puis on synthétise la problématique "il s'agit d'une situation difficile, 1 seule poupée pour 2 enfants". Et... on s'en va. Oui oui, on s'en va !! Non sans dire quelque chose du style "je suis sûre que toutes les 2, vous pouvez trouver une solution qui vous conviennent à l'une comme à l'autre".

VII- Faire la paix avec le passé - un dernier chapitre qui traite moins de l'aspect éducation des enfants mais plus des relations fraternelles des parents, et notamment de la façon dont certains, à la suite des ateliers, ont pu renouer des liens avec leurs frères et soeurs, ou alors oser parler à leurs propres parents des attitudes ou des mots qui les avait blessés lorsqu'ils étaient enfants, et en relation avec leurs fratries.

Ce que j'en ai pensé
Au niveau de la forme, c'est un livre assez bien fichu, car il est très facile à lire. Le livre est construit à partir des témoignages des parents, donc forcément, on s'y retrouve toujours, et on a vraiment l'impression que cela nous parle. En plus, les auteurs nous forcent à nous mettre à la place de l'enfant, et à réellement écouter ce qu'on leur dit... et là on se rend compte que l'on peut vexer, blesser, même si ce n'est pas notre intention !
Par rapport à Ecouter pour que les enfants parlent, parler pour que les enfants écoutent (c'est l'inverse, non ?), les auteurs n'ont rien inventé de vraiment nouveau, elles ont juste appliqué leur méthode sur le sujet des frères et des soeurs.
Cependant, j'ai trouvé très intéressant le chapitre sur les rôles, les cases dans lesquels on enferme nos enfants. Les miens sont petits pour l'instant, mais c'est si vite fait de dire "oh la Miss est hyper gentille et sage. Titom est beaucoup plus fonceur et a son petit caractère têtu". Là, j'ai vraiment pris conscience du fait que oui, mes enfants sont différents. Mais attention à moi de ne pas les enfermer dans une case séparée et hermétique. Et puis la Miss aussi est têtue d'abord !
En fait, c'est là la force de ce livre : nous faire prendre conscience des petites bévues que l'on peut dire ou faire au quotidien, et comment 1- s'en rendre compte dès qu'on les dit, et 2- rectifier le tir.
J'aime aussi les petites astuces, les tournures de phrases proposées. Chez nous pour l'instant, ça marche assez bien, parce que même à 1 et 3 ans, les disputes pour un unique jeu, on les a ! Savoir quoi dire et quoi faire nous aide clairement à gérer les crises et même à désamorcer la dispute !

Ce que je vais appliquer au quotidien
Forcément, éviter d'enfermer mes enfants dans des rôles, aussi bien au niveau de leur place dans la famille ("la grande" et "le petit") que dans leur différence de caractère.

On comparait déjà peu à la maison, mais j'ai encore mieux pris conscience du caractère blessant que cela peut avoir, et de la façon dont les relations entre frères et soeurs peuvent s'en ressentir. 
Et en disant ça, je bénis les Dieux de m'avoir fait enfant unique, parce que je pense que je haïrais mon frère ou ma soeur si j'en avais, mes parents étant les rois de la comparaisons vexantes. Pendant mes études, j'ai détesté à mort le fils d'un collègue de mon père qui soit-disant bossait tous les soirs jusqu'à pas d'heure, et tout le WE sans s'arrêter pendant que "je ne glandais rien", et qui a réussi, qui a fait ça et puis ça, et qui a un super salaire et gnagnagna. 👹

J'ai bien noté l'astuce sur le fait de recentrer la discussion sur l'enfant, et elle marche du tonnerre. Du genre "la Miss, viens mettre ton pyjama !" "Oui mais mon petit frère il fait ça bla bla bla, (description de bêtise en cours, histoire de gagner du temps et de ne pas mettre son pyjama)" "Ma Miss, je parle de TOI là maintenant, et pas de ton frère. C'est à toi que je demande de mettre ton pyjama". Et paf dans le pif ! Je déteste les situations de rapportage, je déteste les rapporteurs, et je n'ai pas envie d'encourager ce type de discours à la maison.

Et enfin, la grosse astuce sur la dispute vient à point nommé maintenant que Titom commence à être assez fort pour ne plus se laisser piquer les jouets qu'il tient dans les mains, voire même pour piquer les jouets que sa soeur tient dans les mains ! A la maison, pour l'instant, ça marche nickel dans la version de base, à voir si cela va suffire !

Quelques citations pour bien terminer
"Je me suis souvenue qu'enfant, mon frère et ma soeur me trouvaient encombrante, comme si j'avais toujours dans leurs jambes. Et même en tant qu'adulte qui réussit assez bien sa vie, j'ai encore parfois l'impression d'être de trop. Je me suis adressée au groupe : "je me demande si ce serait exagéré de dire que notre vécu avec nos frères et nos soeurs peut influencer nos actions, nos pensées et l'image que nous avons de nous-mêmes aujourd'hui ?"

"Au lieu de démontrer un amour égal : "je t'aime exactement comme ta soeur"
montrer à chaque enfant que vous l'aimez de façon spéciale : " Il n'y a qu'un seul TOI dans le monde entier. Personne ne pourra jamais prendre ta place."
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25 mars 2017

C'est parti pour Pâques ! [activité enfant 3 ans]

Ce matin, je me suis levée en pensant : "mais au fait, Pâques... c'est dans quelques semaines à peine !!? On pourrait commencer des activités sur ce thème avec la Miss !"

Et c'est comme ça que, en 2 temps 3 mouvements, après un petit passage sur mon compte Pinterest où l'an dernier, j'avais noté plusieurs idées sans avoir le temps de les réaliser (Titom avait à peine 1 mois...), nous voici en train de peindre des oeufs... avec de la craie mouillée !


Et bien vous savez quoi ? C'est une révélation ! C'est génial, la craie mouillée ! Ca ne tache pas les habits, ça ne fait pas de poussière, les couleurs sont éclatantes, se mélangent entre elles, et les enfants adoooorent les tremper dans l'eau ! What else ?

Le matériel
- des feuilles de papier épaisses
- des craies multicolores
- un petit bol d'eau
- du masking-tape éventuellement

L'activité
Pendant que la Miss sortait ses craies et les amenait sur la table, j'ai vite plié en 2 puis encore en 2 dans le même sens une feuille A4, j'ai dessiné une moitié d'oeuf, et j'ai découpé de façon à obtenir 2 oeufs identiques bien symétriques. Je me suis amusée à mettre du making-tape sur certains oeufs.

Puis je me suis installée avec la Miss, chacune devant son oeuf. 

Pour dessiner, rien de plus simple, il suffit de plonger le bout du morceau de craie puis de dessiner avec sur les oeufs en papier. 

Même Chéri a été réquisitionné de force pour créer son oeuf. C'était vraiment un chouette moment tous les 3 !

La Miss a dessiné sa main - ça marche super bien, je pense que j'utiliserai cette technique un de ces 4 pour Titom, ça me semble beaucoup plus simple que la peinture, et moins dangereux pour les habits et la chaise haute ! - elle a plié les feuilles pour faire des coloriages symétriques, elle a fait des mélanges de couleurs, puis elle a elle-même enlevé le making-tape de ses oeufs (pour le coup, il aurait mieux valu attendre que le papier soit sec, car le masking-tape a tendance a arracher le papier humide).

Une fois la feuille sèche, si on veut conserver l'oeuvre d'art ou la manipuler ensuite, on peut vaporiser dessus un peu de fixatif pour fusain et pastel (en magasin d'arts créatifs).

Bien entendu, je ne vous refait pas le laïus habituel sur l'intérêt de ce type d'activité pour les tout petits, si ?
Allez, juste pour le fun :
- travailler la coordination mail-oeil,
- muscler les petits doigts pour préparer à l'écriture et apprendre à bien tenir la craie,
- travailler la précision du geste, la minutie et la créativité,
- mieux appréhender l'espace (de la feuille),
- aborder les couleurs, ainsi que la notion de symétrie,
- et le principal : passer un bon moment en famille !!


Une excellente activité facile à mettre en place, qui ne tache pas, ne coûte pas grand-chose, et qui peut se décliner toute l'année ! A la maison, c'est sûr qu'on en refera !

Age de la Miss au moment des faits : 3 ans !

22 mars 2017

Nos toupies "mélangeuses" de couleur [RDV Montessori at home #4]

Et voilà, je reprends le boulot, et je n'ai plus le temps de rien... mais quelle misère ! Heureusement qu'il me reste les mercredis pour organiser quelques activités avec la Miss, elles me manquent cruellement !

Enfin, je n'allais quand même pas louper le RDV Montessori at Home, le RDV mensuel organisé avec Rêves en Arc en Ciel, Mom & Studies et Bayu le Hibou, d'autant plus que le sujet choisi par Valentine était hyper intéressant !
Pour rappel, il s'agit d'un RDV mensuel qui (normalement humhum, la mauvaise élève) consiste à proposer tous les 20 de chaque mois une activité d'inspiration Montessori sur un thème choisi.

Ce mois-ci, le thème était : les couleurs !

Bref, en quelques photos, voici notre réalisation : des toupies faites avec du papier cartonné, de la peinture, et des pièces de 5 ou 10 centimes. On ne peut pas dire que cette activité ne vous coûtera pas un rond, mais à la fin, promis, on peut récupérer ses billes ! 😆



Le matériel utilisé
- de la peinture rouge, bleue et jaune (les couleurs primaires, quoi). J'ai aussi rajouté du vert à la demande de la Miss.
- du carton : le mieux c'est le carton hyper rigide que l'on trouve des fois dans les plaquettes de chocolat, il est plus lourd que le carton ondulé et du coup tourne mieux
- des pièces de 5 ou 10 centimes : j'ai testé toutes les tailles de pièces, et c'est avec ces 2 que les toupies marchent le mieux.

La réalisation
- J'ai découpé plusieurs cercles dans du papier épais (environ 6cm de diamètre), mais tant qu'à faire, autant prendre directement du carton.
- la Miss a peint selon mes directives : un disque bleu, un rouge et un jaune en entier, puis avec des cotons-tiges, elle a peint 1 disque bleu et jaune, 1 disque rouge et jaune et 1 disque rouge et bleu. Le mieux est de peindre entièrement le disque sans laisser de "blanc", en intercalant le plus possible les 2 couleurs. Mais pour ma Miss de 3 ans, on est resté "light"  !


- après séchage, j'ai découpé au cutter des fentes de 2cm de large au milieu du disque, puis j'ai inséré les pièces dans la fente par le dessus du disque. Pour que la toupie tourne bien, son centre de gravité doit être bas (dixit chéri qui regarde trop "on n'est pas que des cobayes"). En gros il faut que le disque soit le plus bas possible, bref que la pièce de 5 ou 10 centimes dépasse un tout petit peu plus sur le haut que sur le bas du disque.

Et voilà ! 



En faisant tourner nos toupies (je les lançais avec le pouce d'une main et l'index de l'autre main pour que ça tourne hyper bien), on a pu voir le mélange des couleurs primaires, et créer de l'orange, du vert et du violet. MAGIQUE !



Le mois prochain, le thème sera "les formes" thème choisi par Marie-Victoire (@mvictoirev sur Instagram). N'hésitez pas à participer, que vous ayez ou non un blog, et à nous envoyer les activités réalisées avec vos enfants ! 

Et voici toutes vos participations !

Choupette, la fille de 3 ans de Rêves en Arc en Ciel a réalisé un mélange de couleurs avec une pipette :

Cheindel, la fille de 3 ans de Mom and Studies, a chassé les couleurs des fleurs pour faire un bouquet multicolore, tandis que son petit frère Raphaël testait le riz coloré :


Bayu, le fils de Bayu le Hibou, a fabriqué un mémory des couleurs et des émotions à partir d'assiettes en carton, et en suivant le code couleur du livre "la couleur des émotions":

Maman sur le fil a réalisé des bocaux de mélange de couleurs primaires :
2 1 Bocaux bouteilles de melange de couleurs primaires fait maison DIY resultat des 3 2
Le Blog de Carole a proposé une table découverte autour de l'arc-en-ciel :

table découvertes de l'arc-en-ciel
@mvictoirev a créé plusieurs activités à ses 2 garçons de 3 et 1 an : un mobile, un jeu de lumière, des livres sur le thème des couleurs...

Les Petits Petons a proposé aux 2 enfants (de 22 mois et 2 ans) qu'elle garde de réaliser un tri des couleurs à base de pâte à modeler, et plus généralement de découvrir cette nouvelle texture :

@souris_a_la_vie43 a réalisé un rideau en plumes colorées.. hihi, ça chatouille !

Maman Pleurote a sélectionné plusieurs activités autour des couleurs : des bacs sensoriels monochromes, un tri des couleurs, et une chasse aux couleurs dans la nature, une idée vraiment très sympa !



Merci pour toutes vos participations ! 

3 mars 2017

Inspiration Mondrian ! [Interprèt'Art #3]

Aïe aïe, mais je suis très en retard pour vous présenter notre 3ème revisite artistique mensuelle !


Ce mois-ci, nous avons abordé l'artiste Mondrian. Tout personnellement, j'adore ce RDV mensuel, car à chaque fois, j'emprunte à la bibliothèque une bibliographie illustrée sur l'artiste. Du coup, d'une pierre deux coups : j'en apprends d'avantage sur l'artiste, sa vie, ses peintures, l'évolution de son style... et en glissant innocemment la bibliographie dans la pile des livres de la Miss, je suis sûre qu'à un moment donné, elle l'ouvrira, et me dira "Lis maman" avec sa voix de petite fille !

Nous avons travaillé sur 2 oeuvres, mais je ne vous en présente qu'une seule, je vous montrerai la seconde une autre fois ! 

Il s'agit de la Composition en rouge, jaune, bleu et noir, un des tableaux les plus célèbres de Mondrian.

Source : Wikipédia

De quoi a-t-on besoin ?
- d'une feuille blanche épaisse
- de peinture rouge, jaune et bleu bien couvrante
- de pinceaux ou de petits doigts 
- de masking-tape
- d'un rouleau de tape pour électricien

Préparation de l'activité
Comme à chaque fois, ma Miss et moi avons commenté la peinture, les carrés, les rectangles, et les différentes couleurs.
Puis elle a placé elle-même le masking-tape que je découpais sur la feuille, en suivant mes indications (ce qui explique que tout n'est pas absolument droit !), de façon à former des rectangles plus ou moins grands. J'avoue qu'à la toute fin, j'ai repositionné quelques morceaux de masking-tape... 



Place à la création
J'ai mis dans une assiette les 3 couleurs primaires rouge, bleu et jaune, et j'ai demandé à la Miss de peindre chaque rectangle d'une seule couleur. Elle s'est exécutée avec application. J'étais assez impressionnée, je l'ai rarement vue peindre en prenant soin de recouvrir tout le blanc de chaque rectangle...

Une fois la peinture terminée, je l'ai laissée faire une séance de peinture libre pendant que je me dépêchais d'enlever le masking-tape avant que la peinture ne sèche.


Puis une fois la peinture bien sèche, j'ai scotché à la place du masking-tape du tape d'électricien, celui qui est bien noir et épais. J'avoue que j'aurais même pu faire l'économie d'enlever le masking-tape, mais au moins j'étais sûre que cela allait bien coller sur le papier !


Le bilan
J'étais très contente de proposer cette activité à ma Miss, car mine de rien, elle lui a permis de :
- aborder la notion géométrique du carré et du rectangle,
- parler, parler et encore parler des couleurs - ma Miss a énormément de mal à se souvenir du nom des couleurs (sauf le rose bien sûr), donc je lui fais répéter dès que j'en ai l'occasion, et surtout je l'incite à me nommer la couleur qu'elle souhaite que je lui rajoute dans sa palette...
- travailler la précision des gestes, la coordination main-oeil, préparer la main à l'écriture.
Sadam ! Voici l'oeuvre d'art terminé, et affichée au mur !
Pour le mois prochain, j'ai demandé à chéri de choisir un peintre, il m'a répondu, d'un ton dégagé "Monet"... Ca ne va vraiment pas être facile ! 

Age de la Miss au moment des faits : quasiment 3 ans

1 mars 2017

Les looks de la Miss #1

Je ne sais pas vous, mais en ce moment, j'ai des envies de printemps. De soleil, d'oiseaux qui volent avec des brindilles d'herbe dans leur bec, de ciel bleu, de lunettes de soleil... et de tenues plus légères !

Je suis fan du pompon !
Avec les perce-neige et les primevères qui fleurissent, je le sens bien : on n'en est pas loin, on tient le bon bout de l'hiver, préparons-nous à accueillir les températures plus clémentes !

Sauf que... ma Miss de presque-3-ans a poussé comme un haricot géant cet hiver ! Si l'an dernier à cette même époque, je l'habillais encore en 18 mois 😮, cette fois, je suis bonne pour racheter une bonne partie de sa garde-robe en 3 ans ! Voire même en 4 ans pour certaines pièces. Arghh, ma fille va bientôt être plus grande que moi !

J'avoue que si pour moi j'aime les habits, la mode, les talons tout ça tout ça (sauf quand je suis enceinte. Ou que j'allaite. Ou que je suis enceinte. Ou que j'allaite. Ou que je suis en congé mat'....)(bref, je suis en retard de 3 ans sur la mode féminine...)(mais ça va vite se rattraper !). Mais pour les enfants, je préfère 100 fois plus qu'ils soient à l'aise dans leurs baskets roses plutôt que d'être tirés à 4 épingles et être interdits de toucher l'herbe, la terre, la boue, pour ne rien abîmer.

Ce qui ne m'empêche pas de vouloir le beurre et l'argent du beurre. Et le sourire de ma carte bleue si possible !

J'ai déjà le sourire de ma Miss, c'est pas si mal pour un début !
Bref, tout ça pour vous présenter un petit look printanier ET facile à enfiler, ET qui protège le petit cou délicat du vent continuel que l'on a ici !


En ce moment, on est pile poil dans la période du "moi toute seule", donc je fais très attention à ce que j'achète, notamment les T-shirts (j'en ai tout un lot avec des boutons pression dans le dos, impossible à mettre seuls) et les pantalons (pareil, les boutons pressions ne sont pas toujours faciles à fermer...).
Là, le T-shirt est sans bouton pression ; la blouse est très élastique, donc très facile à enfiler. Et le pantalon ne se ferme pas avec un bouton, mais avec un crochet assez large. Nickel chrome, ma Miss a tout de suite compris comment l'ouvrir et le fermer.

Le défi : prendre des photos non floues d'une Miss en mouvement. Raté !
Et puis tous les détails pailletés, la Miss adore ! Entre la couronne du cygne sur le T-shirt et le "faux" bouton pailleté du jean, elle est servie !

Mon pas-vilain petit canard à moi !  

Bref, j'aimais Z quand j'étais petite, j'ai redécouvert Z quand ma Miss est née, et à 3 ans, on aime toujours autant !

Vos pouvez retrouver tous ces habits sur l'e-shop de Z :
- le jean gris spécial ma-fille-est-une-brindille
le chèche pour les printemps venteux 

Ils livrent hyper rapidement, et en plus la livraison est gratuite en Belgique si la commande est de plus de 50€ (alleluia !).


Merci à Z pour ce superbe look !

20 févr. 2017

Introduction aux sons [RDV Montessori at Home]

Le mois dernier, c'est moi qui ai proposé la thématique pour ce RDV Montessori At Home : les sons. Et comme nous sommes tous à la maison de grands fana de musique, je me suis dit que créer une activité autour des sons serait relativement facile

Et puis j'ai lu le livre de Céline Alvarez. Avec grande attention. Et je me suis dit que je me devais de mettre en place quelques outils qu'elle propose dans son livre, notamment ceux autour de l'entrée en écriture et lecture.

Et bam, ça a fait tilt. Mais oui, c'est bien de ça dont j'allais parler, des sons ! Des sons de la langue française ! 


Le principe
Il est très très simple, vous allez voir. 
Il s'agit de faire prendre conscience à l'enfant des différents sons que l'on entend dans les mots. On ne parle pas de lettres, on ne parle pas d'alphabet, on ne parle pas écriture, lecture tout ça tout ça. On parle des sons.
Pour commencer, les sons dits "phonèmes d'attaque" des mots, comme par exemple "CH" est le phonème d'attaque du mot "chien". "K" est le phonème d'attaque du mot carnaval", "S" celui du mot "son"...
On peut également jouer sur les phonèmes finals, comme par exemple "D" est le phonème final du mot "pyramide", "O", celui du mot "bateau", etc.


L'idée est de travailler petit à petit sur tous les sons existants dans la langue française, pour ensuite passer au stade son -> lettre ou groupe de lettres, que ce soit par des lettres rugueuses ou la méthode des alphas ou plus simplement un alphabet magnétique sur tableau blanc ou un puzzle...

Pourquoi parler des sons et non des lettres
Céline Alvarez indique dans son livre l'importance de parler des sons plutôt que des lettres par rapport au déchiffrement, en lecture. En effet, si on apprend à un enfant les lettres M (èm), U (u), R (èr), lorsqu'il tentera de déchiffrer tout haut le mot mur, il pourrait dire "èmuèr", et ne rien comprendre à ce qu'il lit.
De même, elle préconise de s'attacher vraiment au son de la lettre sans rajouter un "eeeeu", à la fin "mmm" et non "mmmmeeeu" pour M, pour éviter un "meu-u-reu" au lieu de "mur".

Place au jeu
Il s'agit de regrouper sur un plateau 3 objets quelconques aux phonèmes d'attaque très différents, par exemple une figurine de CHat, des Lunettes et une Pomme.
Puis on présente le jeu en 3 temps :
- nommer chaque objet en insistant bien sur le phonème d'attaque.
- demander à l'enfant de répéter le nom de chaque objet.
- demander à l'enfant : "montre moi l'objet qui commence par le son xxx" (ici CH, ou L ou P). Répéter cet exercice sur les 3 mêmes objets aussi longtemps que nécessaire. Varier les objets régulièrement.
Pour vous aider, j'ai rédigé un petit fichier téléchargeable ICI avec les phonèmes d'attaque et finals de tous les sons de la langue française, et des objets qui leur correspondent. J'ai laissé un peu de blanc dans les cases pour les compléter, n'hésitez pas à me mettre des idées d'objets de la vie quotidienne en commentaire ici, j'avoue que pour certains sons, j'ai un peu séché !

Au début, il s'agit de commencer par des phonèmes très différents, puis augmenter la difficulté en regroupant des phonèmes assez proches, comme par exemple :
- "CH", "S" et "Z",
- "G" et "K", 
- "T", "D", "P"
- "M" et "N"


Et ensuite...
Ensuite, lorsque tous les sons sont bien maîtrisés (au bout de plusieurs jours ou semaines donc), vous pouvez passer au stade "représentation", en proposant à l'enfant de lui montrer comment on représente les 3 sons sur lesquels il travaille. 
A ce moment, on peut montrer à l'enfant par un geste du doigt comment se trace le son (lettre ou groupe de lettres) et lui demander de le reproduire. 

Mais à la maison, nous n'en sommes pas encore là, même si je travaille sur un "alphabet sonore" rugueux tout doux !

@mvictoirev a préparé un loto sonore pour son Bonhomme de l'âge de ma Miss, en créant une Playlist avec des bruits d'animaux et des planches de loto, qu'elle pourra réutiliser ensuite comme loto classique.

Maman sur le fil a également créé un loto 2 en 1 imagier et sonore, avec des sons d'animaux. Il est téléchargeable sur son blog.

Les Petits Petons a fabriqué pour les bébés qu'elle garde des anneaux grelots pour cheville et poignet.

@melayalo  a fait participer ses 2 enfants au RDV : Léïo (13 mois) appuyait sur les boutons sonores des livres sur les animaux, et Cattleya (3 ans et demi) devait retrouver le cri de l'animal correspondant. Une chouette idée pour occuper 2 petits bouts de chou !


Maman Pleurote du blog Les Petits garçons poussent comme des champignons a aussi réalisé un loto sonore, mais pas sur le thème des animaux ! Il s'agit ici de retrouver des objets (riz, pompon, marron...) enfermés dans des capsules d'oeufs Kinder, rien qu'en écoutant le son !


Valentine du blog Bayu le Hibou a fabriqué avec son fils un carillon coloré en bambou.

Marine du blog Rêves en Arc en ciel a créé un jeu autour des sons avec plusieurs bouteilles en verre remplies à différents niveaux. Ses enfants ont pu taper sur les bouteilles et constater que chacune émettait un bruit différent !


Et enfin, Annaëlle du blog Mom & Studies a proposé une activité de mémo auditif pour sa fille de 3 ans, et une séance d'éveil musical pour son bonhomme de 7 mois.



Merci pour toutes vos participations ! Si le sujet vous inspire, vous pouvez encore participer en m'envoyant un mail (tout en haut à droite ⇗) !

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Le mois prochain, le thème, choisi par Valentine est les couleurs !
Nous attendons vos participations pour le 20 mars prochain !

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Le RDV Montessori At Home, c'est un RDV mensuel, organisé avec Valentine du blog Bayu le Hibou, Annaëlle du blog  Mom and Studies et Marine du blog Rêves en Arc en Ciel, autour d'un thème choisi en fin de mois. L'objectif est de prendre un peu de temps pour organiser avec nos enfants une activité d'inspiration Montessori.
Si cela vous inspire, n'hésitez pas à nous contacter pour participer !

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17 févr. 2017

Céline Alvarez et sa révolution bienveillante

Comme un bon roman qu'on fait traîner pour en savourer toutes les pages, jusqu'à la dernière, j'ai pris tout mon temps pour lire Les Lois naturelles de l'Enfant de Céline Alvarez. 
Et encore, j'ai dû mettre un coup de boost à la fin, parce qu'il faut que je le rende à la bibliothèque !!

C'est koââ l'histoire ?
Céline Alvarez a rédigé ce livre pour raconter son expérimentation de 3 ans dans une classe de maternelle  en zone défavorisée.
Une expérience fondée sur ses connaissances à la fois :
- des pédagogies Montessori, Steiner, Freinet...
- des dernières avancées en neurosciences se basant sur différentes études,
- de la bienveillance et de l'éducation positive.

En résumé
Le livre se compose de 5 parties :

Un préambule, qui explique rapidement d'où lui est venue l'idée de cette expérience, et résume rapidement ses 3 années d'expérimentation à Gennevilliers.

La première partie, "l'intelligence plastique de l'être humain" explique les mécanismes d'apprentissages d'un tout jeune enfant en se basant sur les expériences de la neurosciences. 
Un enfant a besoin pour apprendre d'être aimé, entouré, mais également actif et engagé dans son apprentissage. On ne peut obliger un enfant à apprendre quelque chose qui ne l'intéresse pas, ne fait pas sens pour lui. 
Dans cette partie, Céline Alvarez détaille les conditions nécessaires à un enfant pour qu'il puisse apprendre en s'épanouissant : le mélange des âges, la bienveillance, l'importance du jeu libre, la richesse du monde réel et de la nature, etc.
Puis elle termine en expliquant comment elle a appliqué ses idées durant les 3 ans d'expérimentation,  en revenant sur une journée "type" dans sa classe, la manière dont elle et son ATSEM se comportaient face aux enfants, et la façon dont les enfants ont réagi par rapport à cette nouvelle méthode d'apprentissage.

Dans sa deuxième partie, "l'aide didactique", elle passe en revue le matériel et la façon dont elle l'a présenté, dans les domaines du sensoriel, des mathématiques, de la géographie, de la musique, de la lecture et de l'écriture. C'est une partie très détaillée, très riche pour les enseignants, mais aussi les parents qui voudraient reproduire sa pédagogie à la maison.

Dans la troisième partie, "Soutenir le développement des compétences-socles de l'intelligence", elle détaille les compétences clés qu'il faut savoir reconnaître au bon moment, et accompagner pour aider l'enfant à construire son intelligence. Elle y parle notamment des périodes sensibles "de" Montessori, des compétences exécutives, de l'autonomie, de la liberté, et du stress.

Enfin, la quatrième partie s'intitule "le secret, c'est l'amour". Elle explique l'importance de la reliance, c'est-à-dire le lien que nous créons entre humains. L'éducation, c'est aussi créer ce lien entre adultes et enfants, mais également entre enfants d'âges différents, et la façon dont ce lien se transforme naturellement en  empathie et en altruisme.

Ce que j'en ai pensé
Toutes les 5 pages, je m'exclamais "il est très intéressant, ce livre", "Vraiment très intéressant", "C'est fou, ça", "Chéri, il faut que tu le lises toi aussi". C'est dire à quel point ce livre m'a plu. Bouleversé, même.
Grâce à ce livre, j'entrevois de nouvelles formes d'éducation pour mes enfants, basées sur la bienveillance, l'amour, le lien avec la nature, une plus grande attention au quotidien et aux apprentissages naturels que l'on peut offrir à son enfant.
Bouleversée aussi, car ma fille est dans une école tout à fait classique, normale, avec des notes et des erreurs corrigées au stylo rouge, des "c'est bien", des "fais ça comme ça"... En ayant lu ce livre, forcément j'ai envie qu'elle soit dans une classe comme celle de Céline Alvarez, forcément j'ai envie qu'elle soit traitée avec respect, liberté, autonomie, forcément j'ai envie qu'elle apprenne sans y être obligée, sans pression, sans ennui... mais comme on fait ce qu'on peut avec ce qu'on a, il revient à nous, parents, d'être vigilant sur l'épanouissement de notre Miss à l'école, et de poursuivre son éducation lors des temps libres à la maison.

Ce livre, ce n'est pas qu'un n-ième traité sur la pédagogie Montessori, qui applique "bêtement" les exercices de la tour rose, des barres rouges ou des encastrements. 
Ce livre, c'est l'héritage Montessori. La suite de la pédagogie Montessori, le tome 2, celui qu'elle aurait pu écrire si elle avait vécu au XXIème siècle. 
Elle y développe de façon encore plus clair l'importance de l'ambiance, de la qualité des lieux dans lesquels évoluent les enfants, la nécessité de revoir le rôle et la façon d'être des instituteurs, plus que le matériel Montessori à posséder absolument.

Bref, c'est un livre à lire et à relire, à avoir dans sa bibliothèque pour le consulter régulièrement !

Il est extrêmement riche, très facile à lire et pourtant denses d'idées, d'expériences, d'astuces, de savoir-être et savoir-faire pour accompagner son enfant au quotidien dans ses apprentissages. Si j'avais dû corner les pages qui m'apparaissaient importantes, je crois que j'aurais quasiment tout corné - heureusement pour lui, c'est un livre de bibliothèque, je me dois d'en prendre soin !

Ce que je vais appliquer au quotidien
Parmi la multitude de nouvelles idées que j'ai piochées dans ce livre, j'ai dégagé 4 grands chantiers - en plus de ceux que je mets en oeuvre depuis ma lecture de l'Enfant de Maria Montessori, c'est vous dire si j'évolue énormément en ce moment !

Travailler son langage au quotidien
Tout au début du livre, Céline Alvarez note une réelle différence de vocabulaire entre les élèves de l'école dans laquelle elle a enseigné avant son expérimentation (Neuilly sur Seine) et ses nouveaux élèves de ZEP (Zone d'Education Prioritaire). Elle cite également une étude, "the Early Catastrophe", qui montre que les enfants de milieux plus favorisés connaissent à 4 ans 30 millions de mots de plus que les enfants de milieux défavorisés, sachant que le vocabulaire et la tournure des phrases provient majoritairement (+85%) des parents. 
A la maison, depuis que j'ai arrêté de travailler et d'être stressée, je dis beaucoup moins souvent de gros mots ou de mots argotiques. En revanche, je suis la spécialiste du parler "pré-mâché" et prédigéré. Je supprime quasiment tout le temps la négation "ne", le "mai'nant" systématiquement remplace le "maintenant", "chuis" beaucoup plus que "je suis", et énormément de "trucs" me sortent de la bouche, en même temps que les "ça" et autres confrères. 
Bref, vous voyez ce que je veux dire. Etre précis. Utiliser le bon vocabulaire. Parler distinctement et correctement. Dire bonjour, s'il te plaît, merci. Dire "pardon ?" et non "KOÂÂ ?" pour faire répéter quelqu'un...
Comment peut-on penser que son enfant apprendra à parler comme nous le souhaiterions, si nous-mêmes ne faisons pas d'effort à ce sujet ?

Développer les compétences exécutives
Les 3 fonctions cognitives principales sont :
- la mémoire du travail, qui nous aide à mémoriser rapidement une expérience, une idée, un mot...
- le contrôle inhibiteur, qui nous permet de nous contrôler et nous concentrer sans se laisser distraire.
- la flexibilité cognitive, qui représente notre capacité à voir et surmonter nos erreurs en étant créatifs.
Une fois ces compétences acquises, l'enfant est capable d'agir et de choisir une activité par lui-même,  il est autonome, plus calme, il ne se laisse pas distraire, n'a pas besoin de l'adulte pour faire ce qu'il souhaite.
Ce sont des notions que je ne connaissais pas du tout avant de lire Céline Alvarez. Pour elle, ce sont des compétences capitales, qui doivent être acquises avant d'attaquer quoi que ce soit au niveau des apprentissages "scolaires", sous peine que l'enfant ne sache pas apprendre, tout simplement.
La seule et unique façon d'acquérir ces compétences est de soutenir les activités spontanées de l'enfant et sa recherche de l'autonomie, le fameux "veux faire tout seul" bien connu des parents.
Mais l'autonomie, ce n'est pas juste laisser faire seul l'enfant. Il s'agit de l'accompagner dans sa quête de l'autonomie, ne pas le laisser se dépatouiller dans une activité trop compliquée pour lui, lui montrer clairement, et prendre le temps de l'aider... sans faire à sa place, puis le laisser faire, refaire et re-refaire autant de fois qu'il le juge nécessaire, sans l'interrompre.
Avec nous, la Miss est déjà bien lancée dans la voie de l'autonomie <clic vers mon article>, mais nous avons encore des progrès à faire ; notamment les matins lorsque l'on est pressé, il est tellement plus simple de l'habiller à sa place, de lui servir le petit-déjeuner, de préparer sa tartine de pain-beurre...

Concernant le contrôle inhibiteur, il est possible de la travailler en même temps que l'équilibre : en traçant une ellipse au sol avec du gros scotch, et en demandant à l'enfant de marcher en équilibre
Un autre petit jeu proposé est de demander à l'enfant de reproduire un geste répété, par exemple de frapper dans ses mains. Au bout de quelques secondes, en continuant ce 1er geste, on en rajoute un 2ème, par exemple tourner la tête de gauche à droite. Puis on arrête le 1er geste en continuant le 2ème... et ainsi de suite. 
On peut également faire des exercices de sophrologie qu'elle appelle de "pleine conscience" : ils consistent en une prise de conscience des membres, de la poitrine qui se gonfle et se dégonfle, faire le silence et écouter les sons extérieurs.

La reliance, et non la dépendance.
Céline Alvarez développe tout un chapitre sur le danger du jugement d'autrui, le fameux "c'est bien", qu'on assène aux enfants lorsqu'on est content d'eux. Ce "c'est bien" pour lequel on peut vivre parfois,  celui qui nous fait faire les choses pour faire plaisir aux autres, et non plus à soi (d'ailleurs, on ne sait même plus quel est notre propre plaisir), celui qui nous soumet au regard des autres, qui nous fait guetter leur approbation. Je sais de quoi je parle, je suis malheureusement à 200% dans ce schéma vicieux au possible.
Et le nombre de fois où je dis "oh c'est bien" "oh, la maitresse doit être contente"... à ma Miss. Ca me rend malade quand j'y pense. Alors que ce n'est pas important, si moi je suis contente ou si la maitresse l'est. C'est ma Miss qui doit l'être, lorsqu'elle fait quelque chose qu'elle estime bien. 
Bref, un gros gros chantier qui se met en place, avec de nouvelles habitudes, et de nouveaux automatismes à créer. 
Céline Alvarez nous livre sa petite astuce. Lorsqu'un enfant venait lui montrer son travail en lui demandant si c'était bien, elle s'interdisait toute forme de jugement de valeur, positif ou négatif. Elle accueillait l'enfant en lui retournant la question : "Oh, tu as fait xxxx (en décrivant de façon neutre le travail). Qu'en penses-tu, toi ? Tu es content de toi ?" Ce qui n'empêche pas de se réjouir avec l'enfant qui est content "oh, je vois que tu es content. J'aime quand tu es content"...

Apprendre de la nature et du quotidien
Etant donné que la Miss va à l'école, ce n'est pas à moi de reprendre son programme scolaire à mon idée (même si des fois j'en crève d'envie). 
En revanche, j'ai décidé de suivre à la maison des pratiques un peu similaires au unschooling. Profiter du beau temps pour aller se promener dehors, découvrir la nature, les oiseaux et leurs chants, les différentes essences d'arbres. Puis certains soir, lire des histoires "orientées" sur l'Histoire de France par exemple, sur les planètes, sur l'Art... Bref, être totalement complémentaire à ce qu'elle apprend à l'école, profiter des moments du quotidien pour l'éveiller à de nouvelles idées, développer sa curiosité, apprendre sans apprendre ! Tout un programme, n'est-ce pas ?
Je suis déjà très étonnée de la façon dont la Miss retient de nouvelles informations. Une fois à table je lui parlais des os de la main, et quelques jours plus tard, elle me montre ses doigts en me disant "mes os, là" !
J'ai même commencé à travailler sur une première application du livre : l'introduction aux sons, qui est à retrouver ici !

Quelques citations pour finir
J'avoue que j'ai bien du mal à choisir, tout me semble tellement intéressant dans son livre !

"Nous ne pourrons pas résoudre efficacement les difficultés de l'école [...] sans nous attaquer directement à la cause qui les génère : notre système impose ses propres lois en piétinant celles de l'enfant. Et, en opérant de manière si brutale, l'école crée elle-même les difficultés qu'elle tente ensuite de corriger par des réformes."

"En 2009, je pris la résolution de vérifier mon intuition. Est-ce qu'un environnement adapté aux mécanismes naturels d'apprentissage réduirait les difficultés de tous, enfants et enseignants ? Pour répondre à cette question, il me fallait une classe. Puisque la recherche expliquait déjà clairement que les inégalités se construisent et se creusent dès le plus jeune âge, je souhaitais mener cette expérience en maternelle."

"L'enfant, qui se sent respecté, aimé, et considéré, développe confiance et estime de soi. [...] L'adulte devient un facilitateur, un guide bienveillant, qui prend le temps de se mettre au niveau de l'enfant pour lui parler. [...] Néanmoins, il n'hésite pas à procurer un cadre strict aux enfants, qui les sécurise et les oriente : il donne ainsi, de manière très claire, les règles de vie collective, et il apprend à arrêter immédiatement tout comportement qui ne serait pas constructif."

"Lorsqu'un enfant était triste ou même fâché [...] il y avait toujours un camarade pour lui dire, en lui prenant délicatement la main "qu'est-ce que tu as ? Tu es en colère ? Tu es triste ?" Ils reproduisaient nos comportements, en se les appropriant et en y apportant parfois une créativité et une intelligence extrêmement pertinente."